La jeune Marseillaise Keny Arkana, née agrippée au cordon ombilical du rap, avait l’an dernier sorti un premier album coup de poing, « Entre ciment et belle étoile », qui l’avait illico installée dans le gratin du « style ». La voilà qui revient plus rebelle et remontée que jamais, pour un nouvel album cette fois coup de boule : « Désobéissance ». Cette fois, Keny Arkana, qui a réglé son héritage dans le premier CD riche de 15 titres (plus des interludes bienvenus), s’attaque texte en tête à l’ordre mondialisé en sonnant la révolte en seulement sept morceaux politiquement musclés. Prônant la désobéissance civile, le réveil, la réappropiration de la rue et la défense de la planète. La maturité de Keny est clairement orienté contre l’ordre établi et la mollesse de la résistance, témoin ces phrases tirées des forums « Appels aux sans-voix », et avec cette fois des « alterludes » bienvenus. Textes puissants aux rimes fleuves, Keny Arkana a envie d’expression et de révolte, et ça fait un bien fou. « La solution est en nous lorsque la vie est en nous ». Du rap première pression auquel vient s’éjouter, encore et c’est tant mieux, quelques accords de guitare sèche, des petites rythmiques plutôt rock sur un phrasé inaltérablement hip-hop. Non, « Terre-mère » n’est pas à vendre, et Keny Arkana non plus, oui, « Le changement viendra d’en bas », parce que lorsque cette France d’en bas ouvre le dialogue, l’analyse qu’elle fait de l’état des choses, du monde et des sociétés qui la composent est d’une clarté et d’une évidence que ne renieraient pas les plus fins analystes politiques ou les sociologues. Et quand ce petit bout de chou élevé dans le béton, qui a grandi les yeux tournés vers les étoiles, prend le micro, ce n’est pas pour clamer que la vie est un long fleuve tranquille, mais un peuple qui déborde et qui sort de son lit. Au niveau du rap, Keny est bien, musicalement du moins, la petite soeur de Diam’s, mais une petite soeur qui bouscule la grande, histoire de la faire sortir de sa bulle.
Monsieur l’ouïe
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Keny Arkana, « Désobéissance », chez Because Music.








