L’ouverture, sacré vingt dieux, ça le fait. On se croirait en cinémascope et boum, paf, on passe dans le jazz groove en un clin de lèvre. Mais c’est pas tout ça : le premier morceau, c’est « La grande ouverture », le nom de l’album, et ces ostrogoths qui hantent la scène parisienne et qui se retrouvent pour ce groupe jazz totalement atypique taillent d’entrée leur veine pour faire monter la sève. Gran-diose. Comme un printemps, et on en sait quelque chose, puisque celui-ci pédale dans la semoule. Dix-sept musiciens font partie de ce groupe, et ça part dans tous les sens, avec un côté psychédélique des années 70, avec des guitares folk, avec des voix, avec plein de monde qui passe, comme Sansévérino, l’eurovisionnesque Sébastien Tellier, M ou encore Minvielle. Il y a du « Love boat », on croit que ça va être flan, ou guimauve, et puis non, des surprises à chaque vague, et même le flan, même la guimauve, on l’avale, avec un verre de scotch. Le Sacre du tympan maîtrise le sujet. C’est magnifique comme une fleur qui éclot, entre deux bourrasques, mais on oublie la seconde, celle qui va venir, et ça c’est bien. Nappes zappaïennes ou païennes, feuilletons à l’eau de rose, film musical entre les noirs et blancs français et les vieilles productions hollywoodiennes, entre comédie musicale et opéra rock, le Sacre du tympan est avant tout un son chaud, une brise toute douce ou qui fouette carrément (les sens, pas les narines), avec du swing, du rock bombardeur comme « Zombi », ou du blues avec « Shapping bones ». Bref, un petit cadeau du printemps, un bourgeon qu’il fait bon gratter.
Monsieur l’ouïe
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Le Sacre du Tympan : « La grande ouverture », chez Deluxe/Atmosphériques.








