Ouais, bon, j’écris ça dans des circonstances particulières. Pas parce que nous avons traîné nos coudes de pull-overs sur les mêmes comptoirs toulousains durant un certain temps, mais parce que je me disais « Ouah,mais c’est quand qu’ils le sortent, leur p… d’album? ». Mais il faut comprendre: il fallait digérer un grand truc, comme 15 années de Spook and the Guay à paraître sur scène une véritable équipe de foot (une de celles « qui régalent et rigolent », comme on dit à Toulouse), et se retrouver à deux pelés et un tondu devant un public qui généralement te renvoie dix ans en arrière. Il faut faire gaffe aux artères. Alors Seb aux manettes, et le duo indépacsable Zavier-Nico au micro, il y ont fait gaffe. Ils ont fait leur club pour faire boum, et ils ont fait boum. Ils ont mis trois ans pour sortir leur album, mais hormis les questions de transit intestinal, ils ont fait boum. Tellement boum que le premier CD de Boom Club a éclaté dans le lecteur. Crac. C’est-y-pas Dieu possible. Je ne vous mens pas : vous m’avez lu tout à l’heure essayer de le faire passer : rien à faire. Il va falloir faire de tête. Nico la mitraille et Zavier le ragga man le pied sur le retour. Une belle allégorie littéraire. Derrière, Seb s’agite derrière son tableau de bord, comme s’il jouait à Super Mario. Ça marche, les piles Duracell fonctionnent encore, on enquille les morceaux, comme au temps des familles nombreuses. Pas morts : « Ambiance fatale, les vétérans sont dans la salle »… Le « guay » du Spook d’antan est toujours là, ils ont toujours autant envie de tchatcher, autant envie de faire la fête qu’au siècle dernier. Quand des majors compagnies ne venaient pas encore frapper à votre porte pour mettre la pression. Alors ça a fait boom après, même si ça avait des allures de feu d’artifice, mais qu’importe, l’essentiel, c’est après. Et après, pour Nico, Xavier et Seb, c’est le Boom Club. Et toujours l’envie de faire faire des bonds. Reggae, ragga, jungle et quand même une pincée de rock’n'roll, ça saute. Avec des paroles plus intimistes parfois que chez Spook (évidemment, à trois, ça fait moins bistrot), des morceaux sont bien appétissants comme (si je me souviens bien) « L’appêtit’, « Le futur nous appartient », ou ce « Frenchies » qu’on prendrait bien pour carte d’identité. Et il y a même un morceau où Nico, on croit qu’il coule à grands flows, mais en fait il chante. C’est pas sur « Where’s my love »?.
Monsieur l’ouïe
Écouter l’album
Boom Club, album éponyme, chez Mosaïc Music







