Si le blues en Amérique signifie plus nostalgie et mélancolie, en Afrique en revanche, sur la terre qui l’a vue naître, il devient quasiment une descriotion du continent, de ses beautés comme (j’en conviens) de ses vicissitudes. Ce blues du désert chanté notamment par les Touaregs, ce blues d’Afrique noire envoûtant qui se marie à merveille avec les paysages comme avec les coeurs (LE coeur, devrais-je dire, de cette Afrique qui continue de battre), enfin bref ce blues géniteur d’une floppée de styles différents, géniteur également de cette musique dite « occidentale », du rock au rap en passant par le groove, le funk et le R’n'B, on peut le retrouver dans ces magnifiques double compilations Desert blues dont le troisième opus vient de sortir. On y retrouvera quelques grands noms comme Souad Massi, Khaled, Tinariwen, Amadou et Mariam, Ali Farka Touré, Rokia Traoré… et d’autres à écouter avec délectation, comme l’éthiopienne Gigi, l’étonnant Fula Flute ou l’accordéon du Malgache Régis Gizavo qui accompagne le Malien Boubacar Traoré (je ne m’en lasse pas, de celle-là). Des chansons modernes ou plus traditionnelles, grisantes, énivrantes, tout simplement belles, parsèment mais en grande quantité cette compilation haute en émotions. Mais foin de décrire plus en détails une compilation à couper le souffle, tant elle respire une sorte de sérénité vitale, et citons quelques phrases mises en exergue dans le petit livret. D’abord ce chant touareg : » L’heure est arrivée où l’engourdissement du jour a atteint le campement (…) La marche de mon chameau me donne le rythme. Mon âme est remplie de paix ». Et ensuite ces vers de William Blake : « Vois le monde dans un grain de sable / Saisis l’infini dans la paume de sa main / Et l’éternité dans l’heure qui passe ».
Monsieur l’ouïe
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« Desert Blues 3″, compilation, chez Network.








