Dans l’esprit de 100 % Collègues et des chants de l’immigration algérienne repris par les ex-Zebda Mouss et Hakim, voici le projet de Thomas Jimenez, un projet de redécouverte des chants républicains de la guerre civile espagnole, 70 ans après l’événement. « Et Franco se va paseo ». Thomas Jimenez, il est du groupe l’Air de Rien, et avec l’aide de types venus de deux autres groupes qu’on a déjà croisé par ici, La Varda et Les Croquants, , il va faire revivre la mémoire de son grand-père, l’exil en France, le camp d’Argelès, le monde ouvrier. Reprenant des chants espagnols devenus traditionnels en Espagne, des chansons de Paco Ibanez, Luis Llach ou même Atahualpa Yupanqui, on se promène non sans une certaine nostalgie joyeuse dans cet album où il y a des refrains, immanquablement, qui s’accrochent aux oreilles. Je parle beaucoup d’oreilles dans mes chroniques, mais vu le sujet, c’est un peu normal, vespa ? Des chansons sont franchement belles et poétiques, entraînantes ou mélancoliques (mais toujours entraînantes un peu). Sans parler des très connues comme « A las barricadas », citons les excellentes « Que la tortilla se vuelva », « A galopar » ou encore « Santa Barbara ». Avec des tralala lalaï. La plupart du temps en voix et guitare sèche, accompagné ou non de quelques cuivres discrets et autres instruments invités, et parfois avec un petit coup plus rock et guitare électrique (« En la plaza de mi pueblo »). Le tout agrémenté de commentaires ou de petits récits d’anciens acteurs de cette guerre civile.Bref un disque qui est aussi un témoignage de l’histoire, notre histoire française aussi, par ces Espagnols que le franquisme a contraints à l’exil. Un hommage tout personnel aussi de Thomas Jimenez à son pépé, et ça, ça se conjugue universellement. De bien chouettes chansons populaires, comme ici notre java et notre Brassens (« Me lo decia mi abuelito »‘).
La découverte d’un pan de l’histoire contemporaine par la musique, c’est une façon de voir qui est loin d’être désagréable. Sinon je parlerais d’autres choses, de courgettes, de bracelets montres ou de tektonique des ploucs. Là n’est pas le propos, chers camarades.
Monsieur l’ouïe
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« El Comunero, chants de lutte de la République espagnole », chez Mosaïc Music.








