Changement de registre avec Joseph d’Anvers, qui n’a rien de l’éxubérance toulousaine. D’ailleurs, il s’appelle « d’Anvers », pas « de Toulouse ». Et rien que pour ça, on ne peut déjà pas le prendre pour une saucisse. Je ne sais pas personnellement si Joseph est d’Anvers, en tous les cas, il chante en français, et ce qu’il chante, ma foi, c’est plutôt bien léché. Revendiquant un cousinage d’ambiance quelque part vers Miossec, Gainsbarre, Daniel Darc ou encore Bashung (pour qui il écrivit une chanson), Joseph d’Anvers partit chercher son son pop-rock-song writter quelque part du côté… du Brésil, comme quoi le bonhomme ne fait pas forcément dans l’évidence. Raffiné, Joseph d’Anvers l’est pour nous livrer ses états d’âme. Les femmes qui le quittent, ou qu’il quitte, ou qui le tentent ou qu’il tente (« oh les filles, oh les filles »), de tout cela il en tire une substantifique moëlle poétique qui a un certain charme. Musicalement s’entend. Un parfum de l’underground des années 80; mais avec parfois des élancements éprotiques (entre épique et érotique) comme dans « Le continent » Ulysse en sa Pénéloppe… Ou encore « A mi-distance », en duo avec mademoiselle The Rodeo et cette fin très fun, « And my kingdom’s gonna fall down »… Ou encore des excellents « Le bât blesse » ou « L’amnésie ». Ce qui est bien aussi dans la pop d’Anvers (ou de d’Anvers), c’est cette guitare rock électrique qui a l’air un peu sauvage, distante. Et on retrouve même, dans cette « amnésie », des traces de cette cold-wave façon New order à peine sorti de la « Joy Division ». Un côté chaleureux, brésilien donc dans la façon de jouer, qui réchauffe d’un je-ne-sais-quoi cette atmosphère cold-lautréamontesque déchirée des textes, qui donnent un ton au final assez original. L’analyse est peut-être difficile à déchiffrer, mais elle est correcte, docteur. « Sept jours d’une vie », un rock sombre mais dansant, la confirme, de même que la suite, « Les chiens (mangent les chiens) », une chanson évidemment assez mordante. Enfin bref, on finit toujours par dresser l’oreille, et même lever la patte.
Monsieur l’ouïe
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Joseph d’Anvers, « Les jours sauvages », chez Atmosphériques.








