Ça va ? Tout le monde est rentré ? Tout le monde est prêt à se tirer la bourre jusqu’à l’été prochain ? Bon, ici, on pense encore aux vacances, et comme on n’est pas chien, qu’on a un bon fond, on va proposer encore des vacances, mais uniquement à vos oreilles, qui vont en entendre des vertes et des pas mures quand vous vous énerverez, au boulot, au chômage ou en famille. Ici, on aime bien les « rough guides », les « guides voyous » qui vous emmènent aux quatre coins de la planète sur les traces de nouveaux sons, de nouvelles musiques. Pendant que vous vous la couliez douce, les guides voyous n’ont pas chômé : pas moins de huit nouvelles compilations sont sorties, au minimum, et comme on aime bien faire le minimum, on parlera de celles-là. Un véritable voyage de l’Australie aux Caraïbes, en passant par l’Afrique, le Japon, le Moyen Orient ou encore l’Amérique du Sud. Avec plein de surprises pour vos tympans tout bronzés.
African street party. La musique de ces compils « street » naissent d’abord dans les rues avant les studios, avec des rencontres de musiciens qui parfois laissent de belles traces. Ici les rues du Mali, du Mozambique, du Cap Vert, de l’Angola, de l’Ouganda, ou des artistes émigrés… Au niveau groupes supers et surprenants : Massukos, le Vénézuélien Luisito Quintero qui rencontre le Camerounais Francis Mbappé, le ragga capverdien de la MC Malcriado, Dog Murras, les hypnotiques Kényans de Kengué Kengué, l’afrobeat nigérian de Fataï Rolling Dollar…
Klezmer revival. La musique klezmer juive par excellence, joyeuse et parfois fêtarde. Ici, elle est plus traditionnelle, avec des côtés jazzy, mais on se régale avec German Goldenshteyn, par exemple, l’ancêtre Joël Rubin et son côté russe, les tressautants Di Naye Kapelye ou Giora Feidman qui danse avec le rabbin, bref avant tout l’essence même du genre.
Cuban street party. Dans les rues de la Havane, où la salsa règne en maîtresse pimentée sur tous les pas de porte. Visite musicale de la capitale cubaine, mais vue parfois depuis les exilés aux Etats-Unis, Célia Cruz en tête. Ce qui donne une salsa plutôt classique, un poil nostalgique dans les sonorités. A noter Bamboléo, La Lupe ou la hip-salsa-hop de Echo a Mano et leurs copains.
Australian Aboriginal Music. C’est la musique country australienne, avec des kangourous au lieu des vaches et des didjeridoo au lieu du banjo. Pour le reste c’est très roots, puisque ce sont les aborigènes qui officient, ou très très folk-rock. Alan Maralung et Wilcannia Mob nous ramènent aux origines du monde, Waak Waak Jungi rappelle Midnight Oil, Tjupurru la fait tribal, le très curieux rap aborigène de Pukatja Kungkas nous surprend… Là, c’est vraiment découvrir.
Brazilian Street Party. Les rues de Rio. Un premier morceau aussi irrésistible de les Blues Brothers ou James Brown (Funk’n Lata), et l’un des meilleurs CD de la série, où on arrive à découvrir encore de nouvelles choses venues du Brésil. Avec en guest star Manu Chao avec Afroreggae (assez rock). Quel que soit le style que touchent les Brésiliens, ça devient chaud et coloré, c’est fou. Un super morceau d’Anna Luisa.
Arabic Café. Le meilleur café c’est l’arabica. Voci une musique pour le café du soir, planante et reposante de dune en dune. Syrie, Proche-Orient, Nubie, Liban… Avec la légendaire Oum Kalthoum, les frétillants musiciens du Nil et Mahmoud Fadl (c’est de l’accordéon ?), les morceaux « Ya Rayah ». Classique, class, éthéré : le tarab, quoi, l’extase musicale.
Japan. Là aussi, c’est découverte. Une musique classique japonaise que peu ont entendu ici (Michiko Suga, Kotsuru Tade), on va être surpris par le côté rock de la musique traditionnelle minyo avec Chanchiki, le reggae de Nami Makioka, le gagaku de Kunaichi Gakubu, la musique aïnou version dub du Oki Dub Aïnu Band, le boogie woogie de Shizuko Kasagi, le free jazz de Shibusashirazu… dépaysement garanti !
Calypso Gold. « Drinking rhum and coca-cola ». L’une des plus célèbres calypsos du monde se retrouve sur cette compilation, qui remonte à plus de 70 ans en arrière, à Trinidad. « Rum & Coca Cola » est interprété par la divine Calypso Rose. On retrouve aussi la version originale de « Scandale dans la famille » : « Oh, papa, quel malheur, quel grand malheur pour moi ». Un grand bol de plages et de cocotiers pour finir!
Monsieur l’ouïe







