Ayé, il est sorti, le premier CD d’Un Bruit qui Court, un groupe né dans le Nord Aveyron, entre Entraygues, Sainte-Geneviève et autres toits de lauzes, et qui cataclope un peu partout tout autour depuis déjà quelques lustres. Un groupe bien dans la lignée d’autres groupes aveyronnais aux noms tout aussi improbables pour des show-bands : après A Vie de Passage et Sortie de Route, voici Un Bruit qui Court, une très belle et très inspirée famille de fines équipes entre nomadisme et (in)sécurité routière. Des groupes aussi qui manient l’accordéon et remplissent la musette sans trad OGM (occitan globalement musical), préférant la bière-java au thé dansant, des heures plus crépusculaires et des bourrées plus féminines. Mais revenons au Bruit qui Court, de village en village et de gare en égare, et constatons sans huissier que l’on a là, encore, un beau millésime de galette. Un chant à deux voix, il et elle, avec Laurent et Jenny, l’accordéon de Titi, les baguettes de Jaco, la contrebasse de Romeo, les touches et les cordes de Jeff, et le Bruit est près pour courir longtemps, tranquillement, pour aller loin au-delà des horizons du Massif Central. Promis, juré, craché. Une musique qui valse résolument festive, un tricotage musical efficace, et des paroles complètement liées aux mélodies, des paroles de plus qui vous glissent dans le lobe de l’oreille des « I lobe you » intimes et des histoires de gavroches (« L’indien »), des mélancolies existentielles incontournables (« Les vieux amants », « Les pissenlits », « La valse des pendus »), des réflexions acides sur des imbéciles (« Discothèque », « Mademoiselle », « Les serpents »), des tranches de vie en transport en commun (« Autobus »)… le tout en une plume bien trempée, parfois impeccable au mot près. Un Bruit qui Court est en marche vers un avenir radieux, avec des titres prompts à allumer une petite lueur de plaisir au fond des yeux. Amis du Nord Aveyron, défendez haut et fort votre groupe de chansons françaises qui va prendre c’est sûr plus de bouquet, de tanin, bref de bouteille au fil des scènes, des ans, des morceaux et des CD, au fil des heures, des minutes, des secondes. Ça court, ça court, le swing du Bruit…
Monsieur l’ouïe
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Un Bruit qui Court, « Un jour sans… », en vente à l’espace Culture de Leclerc (Rodez), et sur internet sur infosgroupes.com et indies.fr








