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La Casa Bancale : « Casa Nostra »

Voilà une bonne surprise qui nous vient de Nancy, non parce qu’à Nancy il ne se passe pas grand chose (la preuve que non), mais parce que voilà une bien solide Casa Bancale, construction à sept piliers faite pour tomber les murs. Et laisser entrer le soleil dans le salon, le saloon ou tout autre sale endroit trop à l’ombre. La Casa Bancale, c’est tout le soleil de la Lorraine : ska, skank, reggae, funk, presque dub et autres chansons françaises qui tiennent la route. Niveau texte, et chant, tout va bien aussi : « à chacun son zion » vous invite au voyage, c’est joyeusement ironique, négligé et décalé, et ça vous conte du pays, preuve que cette Casa Bancale, en fait, est au moins un camping-car. J’ai gagné, m’sieur ? Meuh non, t’as vu la pochette ? C’est une pieuvre, ta casa… Et un apéro, le casa ? Si t’en bois trop, t’es bancal, après, non ?
Trêve de blabla : le groupe n’en dit pas trop, et d’ailleurs bon nombre de morceaux instrumentaux viennent égayer, éclairer et éclaircir de trop vaines spéculations. Sur leurs bases rocksteady, les Casa Bancale s’aménagent leur van qui va là où le vent les mènent : on jazze plutôt qu’on jase, ou alors on se fait voyou, gouailleur, fêtard et picoleur. Dans cette Casa brinquebalante mais qui jamais ne bascule, c’est d’abord la bonne humeur : « La grosse tension », « Je me déballe ». Et alors qu’on pourrait avoir le méchant coup de barre de la grosse cuite, hop ! Une pause instru, légère, berçante et guillerette. Puis, les pieds remis sur terre par cette musique éthérée, dub et jazzy, on replonge, on redébouche et pas que l’évier, et on s’invite au bal du Gitan, à des airs latino qui swinguent hip hop.
Un des groupes les plus peinardos que j’ai entendu depuis des lustres. En en même temps bourré de bonne humeur et d’inventivité dans leur manière de jouer, et d’arranger des lambeaux de styles (ska, jazz, java, latino…) sur une base jamaïcaine de béatitude musicale. Et ce n’est pas qu’une question de moquette, mauvaises langues. Tout cette construction mouvante et aléatoire est parfaitement ciselé afin que rien ne se heurte ni ne se téléscope. Une danse rieuse et sensuelle sous le soleil de Nancy.

Monsieur l’ouïe

Écouter l’album

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La Casa Bancale, « Casa Nostra », chez Rue Stendhal/MMC.

il y a 1229 jours par dans Chroniques | Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le flux RSS. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un lien depuis votre site.

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