Omara Portuondo a soixante ans. De carrière, sinon elle en a 18 ans de plus, l’âge précisément où elle a commencé à chanter là-bas, du côté de La Havane. A Cuba, l’on n’a pas le choix: ou chanter, ou déchanter. Alors on chante, fort, longtemps, gaiement, et bien. Comme Omara Portuondo, devenue elle aussi l’une des icônes modiales du Buena Vista Social Club, vous savez, tous ces vieilles cigales cubaines qui chantaient pour oublier aussi bien Castro et la baie des Cochons et se concentrer sur la seule chose valable de l’île : l’île en elle-même, la mer, le soleil, l’envie d’embrasser le monde. Elle a tout le temps fait ça, Omara, et à 78 ans elle continue encore. Sa voix ne renoncera pas, cherchera le groove salsa dans le « tu verras tu verras » nougarien d’une mélodie devenue insulaire : « tu l’auras ta maison avec des tuiles bleues ». De hier à aujourd’hui, Omara fut l’une des plus belles cigales de Cuba sur plus d’un demi-siècle. Elle l’est encore.
Monsieur l’ouïe
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Omara Portuondo, « Gracias », chez World Village








