Il est peut-être pas du Rhône, mais de pas loin. En tous les cas, Jamait, il n’est pas tracassé comme les côteaux du Tricastin, la cuvée qui pousse du côté des centrales nucléaires. La cuvée Jamait, elle assure toujours, et même, elle se bonifie avec l’âge. Après un coquelicot magnifique l’an dernier (son dernier album), Jamais nour remet une couche de son talent de merle moqueur à la voix de rocaille, et c’est du bonheur.
Il est peinard, maintenant, l’ancien ouvrier qui a attendu d’être au chomdu pour devenir le chanteur à gouaille qu’il est. Avec le chômage, c’est paradoxal, sa vie est devenue belle, il voit du monde et du paysage, et il joue et il chante à la manière d’un Brel prolo, mais beaucoup plus tranquillou. Avec des chansons toujours aussi séduisantes, dès la première: « J’ai tant aimé les mains des femmes », une jolie musette qui prend du cachet. Des histoires de gonzesses, de coups enfilés dans les bistrots, des amours difficiles, des répliques cinglantes et ironiques (« Les couloirs de la mort seront-ils non fumeurs ? », ou la chanson « Athées souhaits ». Des coups à boire, des chagrins, mais aussi derrière cette superbe plume une petite famille qui va très bien, merci. Jamait n’hésite pas à chanter des smacks à sa gonzesse et à enduire ses mots de chocolat pour faire chanter à sa gamine. Jamait, casquette plus solidement que jamais vissée tout en haut de sa tronche, entre pépère et voyou, entre bonheur et rigolade, entre coups de gueule et ça aboie, et coups de coeur et ça aboie quand même, dites-le vous, c’est un grand bonhomme de la chanson françouèse. Santé !
Monsieur l’ouïe
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Yves Jamait, « Je passais par hasard », chez Wagram.








