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La grande Sophie, « Des vagues et des ruisseaux »

La grande Sophie, forcément, c’est une grande. Ce dernier album par exemple, entre vagues et ruisseaux, a reçu d’emblée les félicitations émérites des critiques musicaux. Et j’en suis, plus chroniqueur qu’autre chose, et la grande Sophie, à part le fait qu’elle doit être trop grande pour s’intéresser à des mecs comme moi qui ont du mal à flirter avec la moyenne centimètrique de nos contemporains, la grande Sophie donc vous séduit avec ses chansons bien léchées, et ici, il est vrai, superbement bien faites, qu’elle distille avec bonheur, en décalé, dans ce fabuleux et courdesmiracliens univers de la chanson française. L’amour, les situations ambigues entre hommes et femmes, des chansons pop pour l’illustrer, un brin de classicisme, un poil de rock (car le rock est poilu), la grande Sophie est « dans les choux » dans le show business, toujours derrière la porte à côté. Mais là, aucune des grandes bêtes du show-bise, qu’on nous balance à longueur de journée sur les médias qui comme chacun sait ont peu d’imagination et encore moins de curiosité, aucune donc dis-je ne trouvera rien à redire au travail de Soso (vous permettez que je l’appelle Soso ?). Nickel, poivre et sel, romantique et acidulé, les paroles de la grande Sophie parleront à tout le monde. Ailleurs, pas dans le coup, la Soso ? Vous allez écouter par exemple « Ce jour-là » et on va presque se retrouver en boite, si en boite il y a vait des gens qui s’intéressent à la chanson française contemporaine (dans le coin, on est resté coincé dans les années 80, comme quoi Mitterand a marqué la musique). Mais je m’égare, Lazare, écoute donc la grande Sophie, elle vous séduit, l’air de rien, avec classe. Elle pardonne, danse sur le disco, se fait suivre dans la rue, résiste à la tentation, a mauvaise foi et bon fond, dit adieu en espérant votre retour… Une vraie femme, quoi, avec du sens, de la poésie, de la séduction… On pourrait la comparer à Zazie, par exemple, mais à quoi bon comparer ces créatures. Nous n’avons juste qu’à nous féliciter qu’elles existent, et qu’elles soient plus qu’une. Héritière peut-être de Piaf, et de Barbara, dont elle reprend le magnifique « Dis, quand reviendras-tu ? ». Soso séduit, n’ennuie jamais, elle entre avec des violons, en ressort sur des guitares, et laisse derrière elle un parfum de zénitude. Mon dieu que c’est agréable…

Monsieur l’ouïe

Écouter l’album

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La grande Sophie, « Des vagues et des ruisseaux », chez AZ/Universal.

il y a 908 jours par dans Chroniques | Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le flux RSS. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un lien depuis votre site.

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