Les 17 Hippies sont treize, c’est un scoop. Treize gars de Berlin mués en fanfare cajun, une fanfare qui a voyagé de l’Espagne aux Balkans, et ne sont pas génés pour franchir allègrement, de la tour Eiffel aux Etats-Unis. Et dans leurs bagages (le genre de trucs qu’on appelle aussi instruments), tout se mélange et s’entremêlent en une sorte de folklore mondial. Le folklore, en fait, de ces treize 17 Hippies.
Ils n’hésitent pas les mélanges, nos hippies : ils prennent du patois de Francfort et te le saucissonnent façon cajun-turco-Kusturica, chantent de la nouvelle chanson française en allemand et vice-versa, font le la pop accordéon, du rock violon, du reggae du Bosphore, et tout ça sonne furrrrrieusement trrrrrraditionnel. Un Eldorado passé au mixeur, furieusement crêmeux et agréable au palais, et en ce qui concerne les oreilles, au pavillon.
« Welcome to my world », chantent nos treize dix-sept avant de nous inviter à dos d’éléphant vers l’Orient, le Mexique, la Moldavie, Paris-Berlin, une contine britannique en version western du Danube, des rumbas pour des cavalcades à Kaukapol. Banjos, cuivres, guitares, accordéons, il y a de tout dans la besace de ces 17 Hippies berlinois ivres de sons et d’atmosphère où la ja, où la ja, où la java ne s’en va pas. En bref, on passe de l’Est à l’ouest et du nord au sud, de la musique d’ambiance en musique de fête, de balades intimistes à des chants de comptoir, et on voit du pays. Pas de son synthétique, des atmosphères parfois, de grands espaces et de bouges à la fois, de petits matins tranquilles et de folles nuits, et pas d’électricité. De la chaleur, surtout. Une voix mâle et basse, une voix féminine avec un délicieux accent, des tranches de vie, des histoires d’amours qui s’espèrent et des moments de grâce, des p’tits airs qui s’en viennent et qui s’en vont, vous laissant pensifs ou souriants…
Voilà tout ce que j’avais à dire.
Et maintenant, j’écoute.
Monsieur l’ouïe
Écouter l’album
17 Hippies, « El dorado », chez Buda Musique.








