On l’a vu à Luc, invitée par l’association Douze Touch, qui a le don de surfer sur toutes les vagues qui viennent nous titiller les oreilles. Toutes le bonnes vagues : Syrano, MAP, et cette fois, c’était Izia. La rejetonne de jacques Higelin, 18 ans à peine nous en a mis plein la vue, plein les oreilles, et même plein not’petit coeur d’orphelin des seventies, quand le rock commençait à explorer ses abimes intérieurs, et à planer pas mal même en gueulant. Cette fois-ci, à Luc, avec Izia, nous avons eu droit à un concert « revival » de Janis Joplin. Izia, même chevelure de sorcière, même rage, même coeur d’artichaud. Entourée de musiciens excellents et efficaces, elle nous a livré un de ces concerts où l’énergie balaie tout, où nous sentions sur nous une énorme contraction entre les générations, celle qui flirtait avec Janis Joplin, et celle qui demain prendra les rênes d’un monde condamné. Il y avait ça dans Izia, il y a ça, cette réincarnaton de Janis, cette puissance vocale, au bord du cri, et cet urgent embarquement pour un monde meilleur.
Ah, nom de Dieu, quelle famille de griots que ces Higelin ! Jacquot le père et son « Mona Lisa Klaxon », Arthur le fils « H » et ses chansons caverneuses, et maintenant Izia la fille et son rock roux furibard. Sacrés dieux, quelle trinité !
Non seulement Izia la jeunette nous a donnée à nous quadra z’et quinqua venus des années 70 et 80 une sacrée claque musicale, intimant à nos racines de reprendre du service, mais elle rallie à elle (et à Joplin, et à,la Rose) toute une tribu de jeunots fréquentant encore les bancs de l’école et qui se décoiffent au rock’n'roll pur et sans concession.
Depuis, moi même, c’est en écoutant Izia que je me coiffe… Même si son opus, enregistré avant sa tournée, sent encore le vert (contrairement aux concerts où sur scène, sa voix s’amplifie et s’affirme au fil des minutes), on ne peut que se laisser entraîner en un monde qui tord le temps, où ce qui était bon, fort et puissant il y a plus de trente l’est encore aujourd’hui. Comme quoi l’eau a beau couler sous les ponts, il y a toujours des ponts. Merci Izia, mais je m’inquiète : si à 18 ans elle est déjà une Janis, il se pourrait que cette flamme qui l’habite ne la brûle très jeune. Comme son égérie. En revanche, l’histoire du rock ne se répétant pas mais s’ajoutant, Izia pourrait être vite inscrite dans les icônes rebelles du rock. En tous les cas, Izia, merci pour la claque. Et merci 12Touch.
Monsieur l’ouïe
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Izia, album éponyme, chez AZ/Universal.








