Ces Parigots, quand même… Accrochés à la gouaille, aux guinguettes, aux petits bals populaires. On n’en voit plus beaucoup, des Parisiens comme ça, dans la capitale, ils finissent par être noyés sous les autobus de touristes. Mais Java brandit le drapeau populo couleur ballon de rouge au dessus de l’accordéon globe-trotter, branché sur Radio Cortex. Radio Cortex, c’est ce projet de musiques zapping façon radios du monde et qui a donné le jour à deux CD. Les Parigots de Java sont sans arrêt branchés sur la fréquence, et la java de Ménilmuche a pris un sacré coup de mixeur au niveau des rythmes.
Le piano à bretelles couinent aux airs des quatre vents, des mille époques. Un phrasé hip hop, un rien de musette, et du rock, des rythmes cuivrés, et des paroles à décoiffer les chauvins et les chauves. J’me marre, Ouais, L’amer à boire, Bling bling, Et ça repart, Ta gueule, Tête de noeud… autant de titres de chansons qui en disent longs sur la tchatche acide de Java. Mais c’est bon, là-bas, de l’autre côté du parquet ciré, pile en face du DJ électro, il y a des fantômes de dames et messieurs qui se dansent une java.
Tout autour de la piste, à chaque table, des histoires de tous les jours (des histoires un peu vénères, quand même), des types qui racontent leurs vies, qui se prennent la tête, qui se prennent des angoisses existentielles. Pour faire tenir tout ça, et que ça ait l’air d’une fête, au milieu de ça, il y a Java qui vous balancent un Paris Musée tout aussi acide, mais ouais, c’est la fête et le printemps, et le bal sous les tonnelles.
Toujours aussi inventifs, les Java instaurent dans leurs morceaux un climat, une atmosphère d’Hôtel du Nord, voyageuse, et qui n’oublie pas qu’au bout du parquet ciré, la gueule d’atmosphère d’Arletty était l’héroïne d’un drame. Mais Prévert écrit tellement bien…
Monsieur l’ouïe
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Java, « Maudits Français », chez BlackEye/Makasound.








