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Le Larron : album éponyme

Pour la bonne surprise du printemps, il faut aller chiner du côté des foires, sur les étals de la chanson française. Il y aura bien un larron chantant qui saura vous satisfaire. Il y aura en tout cas Le Larron. Sorti fin avril, courez voir le premier camelot qui pourra vous ce Larron-ci, c’est excellent. Vous accrocherz dès le début à cette voix éraillée qui déraille souvent dans les textes. A tel point que l’opra rock du Larron s’ouvre sur un « Ne me quitte pas » de Jacques Brel transformé en un « Ne m’acquittes pas » des plus rocksteady . Suivi d’un parfum de Jean Leloup (« Dans les années 90″) sur un nouveau constat social des plus ironiques de la génération fait pas ci-fait pas ça (« d’envie, c’est de ça qu’on va crever, oui, et d’ennui »). Des textes gouailleurs et super bien cousus qui causent de sida, d’amour, de situations de couple, chantés avec jeu et présence. On sourit (tout en ondulant son corps) à l’histoire d’ »Abstinence ou paternité », on dandine dans « La nacelle », ritournelle java aux parfums de Jamaïque. C’est ça le fort du Larron, c’est de mettre du soleil dans des chagrins d’amour, dans des dilemmes et jusque dans les pandémies. Car Le Larron adore cette ironie grinçante, qui fait sourire en même temps qu’elle est juste…
Et ensuite, en toute candeur, on peut chanter « Tes petits seins » : « Machérie je t’en supllie, ne les change pas pour des gros seins pleins de plastique, pour des baudruches synthétiques ». Quand on parle d’histoires de fesses avec poésie, ça ressemble à une auréole. L’auréolé Larron vous sert tout ça sur une musique impeccable, mouillée de Louise Attaque, de musette, de reggae, de Dutronc, de Brassens, d’Arno, des poètes saoûls de Pigalle et de leur damnée fée verte.
Le Larron, en fait, c’est un type comme n’importe quel type, avec des histoires de coeur vivantes ou mortes (« C’est la valse des amants qui depuis bien longtemps ont oublié qu’ils s’aiment »). Soit. Seulement voilà, c’est jour de foire, et les jours de foire, Le Larron, il est comme chez lui. Alors il fait le show.
monsieur l’ouïe

Monsieur l’ouïe

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Le Larron, album éponyme, chez Milk/Anticraft.

il y a 906 jours par dans Chroniques | Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le flux RSS. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un lien depuis votre site.

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