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Mamadou Barry : « Niyo »

Un régal, un éventail pour les doigts de pied, une ôde au soleil et à la chaleur, un aller-retour constant entre l’afro-beat et le jazz, un groove tendre et entêtant, une chaleur gaie et sensuelle… Que dire d’autre ? Si l’été 2009 commence comme ça (c’est aujourd’hui la fête de la musique et le premier jour d’une saison par laquelle, j’en suis sûr, chacun voudra un brin se sortir la tête de la crise), alors on pourra sûrement s’aérer, sourire et se détendre avant les affres de la rentrée. Pour ça, on peut compter sur Mamadou Barry. Ce Guinéen sexagénaire est tombé dans la musique dès le début, avec un père batteur et accordéoniste. Il n’avait pas 20 ans qu’il avait déjà été maître tambour des ballets de Conakry, puis chef d’orchestre, découvert la musique cubaine à La Havane, le saxophone et la biguine avec des musiciens antillais. Nous étions en 1968. Depuis, maître Barry (un qualificatif emprunté à une brève carrière d’instituteur), maître Barry donc a fait le tour du monde, a joué sur tous les continents, goûté de toutes les musiques, du jazz au funk, mais sans oublier les rythmes populaires de Guinée. Et surtout acquis un phrasé d’une zénitude absolue au saxophone.
Quarante années à être à hue et à dia pour enfin sortir ce premier album sous son nom. Entouré des plus grands musiciens guinéens, cet album sonne léger, léger et dansant, avec des histoires d’amours légères et dégagées, des musiques envoûtantes et un swing des plus séduisants. Apaisant et dansant, ce « Niyo » fait du bien par où il passe, par les pieds ou par les oreilles. On y retrouve des mélodies très populaires en Guinée, qu’elles soient soussou, malinké, peuhle ou de Beyla, mais magnifiées et jazzyfiées par Mamadou Barry, qui leur confère une dimension « world ». Le saxophone en avant, appuyé d’accordéon, de guitares funkisantes ou de flûtes évanescantes. Les interventions au chant de Sény Malomou ou de la très prometteuse (et très jolie) Sia Tolno, et une reprise très afro-zen du célèbre morceau jazz « Take five » de Dave Brubeck font de cet album un ambassadeur incontournable et atypique de la musique africaine de 2009. A ne pas rater donc, et si on en veut un peu plus, Mamadou Barry sera présent fin juillet au festival Jazz In Marciac. En plein soleil.

Monsieur l’ouïe

Écouter l’album

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Mamadou Barry, « Niyo », chez World Village.

il y a 906 jours par dans Chroniques | Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le flux RSS. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un lien depuis votre site.

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