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Nosfell : album éponyme

Labyala Nosfell a réussi un étrange et incroyable et magique bluff : celui de faire vivre un pays imaginaire, Klokochazia, son histoire, ses légendes et ses grands hommes, sans parler de sa langue qu’il utilise en musique comme un ambassadeur troubadour. Non pas seulement de les faire vivre dans la tête des hommes, mais concrètement, vraiment. Au point qu’il existe maintenant trois albums pop-rock-folk de chansons klokobetz, au point qu’il fasse vivre ce pays d’ailleurs ici sur scène et avec brio, au point que maintenant il existe un livre, un BD, un opéra, et qu’il réquisitionne certaines énergies terriennes pour mener à bien sa mission de faire reconnaître à nous autres, habitants de la planète bleue, l’existence du Klokochazia, de sa langue et de sa culture musicale. Ainsi, avec ce troisième album sort également un livre-disque à la gloire de Günel, héros klokobetz, et un spectacle conçu pour la salle Pleyel de Paris et joué, également, par l’orchestre national d’ïle-de-France. Et tout ça pour un monde n’étant pas être censé exister, chapeau monsieur Nosfell. Ce dernier a gardé peut-être sa pelisse d’homme d’ici pour quelques fonctions domestiques, mais le Klokobetz qui est en lui est en pleijne activité, très créatrice.
Qu’en est-il de ce troisième opus de notre premier Centre Presse Music ahouard (c’était en 2004) ? Et bien c’est comme si cet album faisait le lien entre le folk très klokobetz, magique et venu de nulle part, du premier album, et l’assimilation bruyante et brouillonne de nos proto-cultures musicales terriennes, rock et punk en avant. Ici, le rock semble maîtrisé, au contraire de l’album précédent, où Nosfell découvrait avec une jubilation certaine mais également beaucoup de gaucherie notre violence et notre urgence rock. Il fallait alos le voir sur scène pour faire passer la pilule et pour comprendre, ce qui fut fait puisque Nosfell passa à la MJC de Rodez à cette époque. Avec ce 3e album, l’assimilation est faite. Des morceaux rock et pop, hyper bien léchés, souvent féminisés (Nosfell a une voix caméléon difficile à imaginer quand on ne l’a pas entendu), beaucoup moins muraille que le dernier, au contraire dansants et remuants : l’ambassadeur Nosfell est en train de réussir avec bonheur l’amalgame des cultures terriennes et klokobetz. On se régalera de morceaux comme Alajlis Alaj ou Jüsila, et les interventions de quelques chanteurs parmi lesquels Daniel Darc, le spectre icône de Taxi Girl. Cherchez le garçon ? Non de non : cherchez plutôt la planète du Klokochazia dans la carte du ciel. Vous la trouverez dans votre lecteur de CD, ou en images, ou dans vos oreilles. En tous les cas, un monde est définitivement apparu. Et on est même tous un peu klokobetz.

Monsieur l’ouïe

Écouter l’album

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Nosfell, album éponyme, chez Polydor/Universal.

il y a 906 jours par dans Chroniques | Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le flux RSS. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un lien depuis votre site.

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