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Orly Chap’ : « Ma lueur clown »

Elle tient de la graine de ces chanteuses à coffre, au charisme puissant, et qui chantaient l’amour et ses douleurs avant tout autre chose : les Fréhel, Piaf, Barbara, les Diane Dufresne et les Catherine Ringer. Ou le genre Patti Smith si on franchit l’Atlantique. Comme aurait pu dire un étalon espagnol chanteur (je crois qu’il a un nom d’église) après s’être pris une veste par l’une d’entre elles : « ça c’est des vraies femmes. Con cojones ! ». Pour la bienséance, nous ne traduirons pas cette expression assez olé-olé. Orly Chap’ est comme ça, comme elles : ça les gonfle assez, les histoires d’amour qui virent en eau de boudin, qui deviennent triste et terne dans le genre « sors les poubelles » ou « descend le chien », et réciproquement.
Elle se soigne comment, Orly Chap’ ? Avec un nez de clown et ça devient lumineux. Sa lueur clown a quelque chose de lumineux, et ses chansons se déclinent toutes entre chagrin d’amour et pied-de-nez. De clown, bien entendu. On commence l’album avec « L’amour avec un gros tas » et on enchaîne par « Foldingue ». De quoi vous poser déjà le personnage… La lueur clown n’a en rien altéré l’âme rock de mamzelle Orly, mis juste un brin d’humour grinçant dans des textes… qui arrivent à vous embringuer dans des ambiances, rock, psychédélique un poil, avec du banjo, des trucs qui ressemblent à des tubes qui ont un grain de folie dans la tubulure (« Foldingue » par exemple). On n’en oublie pas pour autant d’écouter les mâles « con cojones », comme Gainsbourg ou Arno, qui partage avec elle une chanson, « S’il y a de la place ». Et de partir dans la country psychédélique dans « Myosotis ailé », ou chanter dans la langue de Shakespeare un très groovy « Controversy ».
J’ai oublié Juliette Greco dans la liste des piafs, d’autant plus impardonnable qu’Orly Chap’ est l’auteur de la chanson titre de l’éternelle Juliette. Et puis parce que je suis actuellement en train d’écouter « Ma lueur clown », la chanson titre là aussi, je ne vais plus rien dire. Jusqu’à la ligne suivante…
Vous devriez l’entendre, elle est magique, cette chanson, et finalement elle met la pêche d’autant plus qu’elle est suivie d’une « Envie de vivre » : « comme un cheval fou », « comme le violon d’un gitan roux ». Et de tout ça, d’une jolie lumière clown, Orly Chap’ en fait des chansons fortes, et « laisse les règles de bienséance aux bien baisés ».

Monsieur l’ouïe

Écouter l’album

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Orly Chap’, « Ma lueur clown », chez Polydor.

il y a 906 jours par dans Chroniques | Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le flux RSS. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un lien depuis votre site.

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