Simulacre, cela signifie, dans le dictionnaire, imitation, représentation, avec l’idée de quelque chose de faux, de caricatural, d’incomplet. Ce Simulacre-là pourtant tient bien la route tout seul. Depuis dix ans cette année, ce trio aveyronnais renvoie à coups de guitares sauvages tous les autres simulacres dans leurs petits cocons de fer. A commencer, sur leur premier album bien fait, ce simulacre de vie dont on est persuadé que c’est ça, la vraie vie. C’est le titre de la première chanson, « Une vie », qui met directos les pieds dans l’univers Simulacre. Guitares lâchées, mélodies simples mais belle et rebelle alchimie des textes et de la musique. Rock, résolument. D’imitation, ou plutôt de cousinages, on pense à Téléphone, Noir désir, les Porte-Mentaux ou les copains parisiens de Solas, c’est-à-dire guitares en avant, textes en français (et en anglais aussi, un petit peu), mal d’amour et maux du monde, raison sociale et raisons d’y croire. Ou pas. Tout dépend des simulacres, de Simulacre, du caractère de la fille et du sens de la vie. Voix éraillée, son lourd-léger, textes pas bêtes, voilà un Simulacre contre tous les simulacres, aussi sympathique que tonitruant.
Gaël, Stéphane et Vincent ont avec ce disque, bien réalisé, bien foutu, un pavé bien ciselé balancé dans la mare du rock aveyronnais, rien de mieux pour faire des vagues. Déjà, Simulacre a introduit le son des guitares électrique tout en haut du top des nouveaux talents sur Totem, radio plus habituée aux ritournelles accordéonesques, nostalgies des années 80 et autres « major tubes » discothéquants. Pas un moindre exploit. Il ne leur manque plus qu’une bonne distribution pour franchir les frontières du territoire, et hop vogue la galère du rock. Humbles sauf en live, où se réveille « La bête humaine », les trois « simulacristes » se sont installés dans la durée. Guitares toujours en avant. Evidemment.
Monsieur l’ouïe
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Simulacre, « Du rire aux armes », autoproduit.








