Lui, s’il avait un tel, il faudrait sur le champs qu’il se l’amputasse. Chez Syrano, le nez, c’est une histoire de goût, et son goût, il et pour les mélanges et la poésie. Déjà, c’est bien du côté d’Edmond Rostand qu’il a emprunté son pseudonyme, Syrano, pour l’amour des vers (ceux qui riment, pas ceux qui vous mangent sous terre), pour l’action, pour l’amour transi sous les balcons des belles, pour tailler un costard aux coupe-gorges comme aux hommes de main des puissants. Homme à tout faire d’un petit barnum qui promène un spectacle étrange sur les routes de France. On a pu voir le cirque de Syrano (et entendre sa poésie drôle-douce-amère) en Aveyron, et même à Luc, je crois, où les 12Touch nous ont proposé il y a peu un concert d’une Janis Joplin réincarnée (on en reparlera vers le 25 mai, pour la sortie de l’album).
Pour en revenir à Syrano, il y a de tout dans la musique de cet épatant « circus » : le hip hop se mêle à la java, au rock, et même au disco, l’accordéon fricote avec les guitares saturées et les synthés aux sons d’outre espace, et tout ça crée des chansons qui tiennent étrangement debout, de jolies chansons Frankenstein qui essaie de nous faire passer le goût du sans. On peut juger de ce détonnant mélange dès le premier morceau, où le reagga valse avec le hip hop façon alternative dans une activité japonaise qui ici devient rebelle. La richesse des sons et des atmosphères musicales habille des textes foisonnants où les « garçons de joie » qui vendent leur organe (vocal) pour l’argent, dans « un monde sous tension » peuplé de « géants d’acier », tandis que Syrano trouve refuge sur la feuille blanche, ou monte une sélection nationale avec ses copains Melle, la Rue Kétanou, François Hadji-Lazaro, les Ogres de Barback, Batlik et Imbert Imbert -qui sera le 30 avril du côté de Carcenac-Peyralès- pour une chanson, « Bleus ». Qui poussent la chansonnette, et pas un ballon rond.
Alors jetez une oreille dans le monde parallèle de Syrano des berges rock. Engagé, dégagé, dérangez-vous.
Monsieur l’ouïe
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Syrano, « Le goût du sans », chez L’autre Distribution.








